La rocade Lutèce s'appuiera sur les lignes SNCF de la grande couronne. Elle
reliera les villes nouvelles et les pôles d'activités qui concentrent le
principal des développements de l'agglomération parisienne. Les liaisons
interpoles ainsi envisagées desserviraient des zones fortement urbanisées en
utilisant de larges sections de la grande ceinture SNCF.
Le réseau Lutèce sera composé de quatre tangentielles cardinales :
une tangentielle Est
, reliant les pôles de Roissy et de
Melun-Sénart, pour lesquels plusieurs tracés sont envisageables. II faut
noter que les deux liaisons figurant au SDRIF pour satisfaire les besoins à
l'Est de l'lle-de-France, Roissy-Massy et Roissy-Sénart, nécessitent
majoritairement des voies nouvelles de circulation et sont difficilement
amorçables au moindre coût.
une tangentielle Nord
, reliant Cergy-Pontoise, la Vallée de
Montmorency, Le Bourget et Roissy, nécessitant en particulier la construction
d'infrastructures nouvelles entre Stains et Roissy. La liaison est complétée
à l'Ouest par une antenne Épinay-Sartrouville ;
une tangentielle Ouest
, entre les pôles de Conflans-fin
d'Oise/Cergy-Pontoise et de Massy-Palaiseau en passant par Versailles. Cette
tangentielle se développe sur environ 30 km et offre 7 points de maillage ;
une tangentielle Sud
, reliant Versailles à Corbeil-Essonne, soit
38 km en ne construisant que 7 km de lignes nouvelles entre Épinay-sur-Orge et
Grigny, avec 5 points de maillage. Cette liaison nécessiterait la construction
de 7 km de ligne nouvelle entre Épinay-sur-Orge et Grigny ainsi qu'entre
Corbeil-Essonne et Melun-Sénart. Saint-Quentin-en-Yvelines est accessible par
correspondance à Versailles.
Ce projet utilise très largement des infrastructures existantes. En
première phase, l'opération Lutèce comprend l'aménagement de 140km de lignes, pour un coût global de 1,07 milliards d' euros (à
comparer au coût de la seule opération Éole, tunnel de 3 km construit par la
SNCF dans Paris).
Elle consiste à aménager la liaison Pontoise/Le Bourget, en utilisant les
infrastructures de la Grande Ceinture Nord, en assurant dans cette gare une
correspondance avec la ligne B du RER.
Elle comprendrait 2 branches :
Liaison Pontoise-Le Bourget et Sartrouville-Noisy-leSec
, avec une
branche commune entre Épinay-sur-Seine et Le Bourget.
La deuxième étape à un horizon plus lointain, comporterait la
construction d'une ligne nouvelle de Pierrefitte-Stains à Roissy-CDG,
avec un bouclage par le sud entre le Parc des Expositions de Villepinte et
Roissy-CDG (voir exposé précédent).
Selon une étude présentée par l'IAURIF en collaboration avec la SNCF,
l'opération est d'autant plus nécessaire qu'une grande partie des
déplacements quotidiens voyageurs se fait de banlieue à banlieue et ne cesse
de s'accroître. Pour pouvoir espérer le succès d'un système alternatif et
concurrentiel à l'automobile, trois contraintes sont imposées au
développement du réseau :
Une vitesse commerciale de 90 km;
Une fréquence de l'ordre du quart d'heure;
Une desserte relativement fine, tous les 1 ou 1,5 km.
Dans ce cadre, les prévisions tablent sur une fréquentation de
l'ordre de 4000 voyageurs par heure et d'un taux de
rentabilité élevé (15%) avec la possibilité d'une mise en
service rapide en raison de l'existence des voies de la grande
ceinture.
Au regard des éléments présentés ci-dessus, l'ARDIES 95 demande la prise
en compte des actions suivantes :
La réalisation dans les meilleurs délais, de la ligne de chemin de fer
Cergy-Pontoise / Roissy-Charles-de-Gaulle.
L'inscription au prochain contrat de plan État-Région, de la première
phase entre Ermont-Eaubonne, Épinay-sur-Seine et Le Bourget, afin de
permettre une ouverture de cette première phase au plus tôt en 2003.
La réalisation de l'ensemble du projet comprenant la construction de la
ligne nouvelle entre Pierrefitte-Stains, le Parc des Expositions de Villepinte
et l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle au plus tard à la fin du XIIIème
plan.
Nous rappelons aussi que pour optimiser l'utilisation d'une ligne de
transports en commun de cette importance, il est indispensable d'assurer aux
voyageurs les meilleures conditions de rapidité, de régularité, de fréquence
et surtout de sécurité. Il faudra également veiller à mener une politique
cohérente d'aménagement autour des gares avec ce mode de transport. Aussi dans
le cadre du PDU, il convient de densifier ces secteurs.